Un retour politique réussit consiste à redynamiser son camp, à créer un renouveau militant... Ce que l'on peut déjà affirmer, c'est que le retour de Nicolas Sarkozy n'a pas convaincu de ce côté. Entre la polémique pour sa conférence à Abou Dhabi, l'échec électoral dans le Doubs et l'unité fracassé lors du conseil national de l'UMP avec les sifflets contre Alain Juppé, Nicolas Sarkozy ne parvient pas à faire le retour triomphal qu'il espérait. Sa victoire mitigé pour la présidence de l'UMP et sa chute de 26 points parmi les sympathisants de son parti montrent son incapacité à renouer avec son ascension d'avant 2007.
Ce retour peut s'expliquer en deux points: le premier point dont Nicolas Sarkozy est le principal acteur et le deuxième point qui est plus centré sur la vie politique française en général.
Nicolas Sarkozy fut élu avec une large adhésion en 2007 avec un programme clairement de droite et qui avait fondé sa réussite sur la "rupture tranquille". Il avait réussi à faire des présidentielles de 2007 un référendum autour de sa personne, on l'admirait ou on le détestait, il incarnait le changement ou la peur, il clivait la société française. Son quinquennat raté à fait retomber la dynamique qui se dégageait de lui (tout ça pour ça?) et 2012 fut un référendum pour Nicolas Sarkozy mais à l'envers qui entraina la victoire à court terme de François Hollande. Cette défaite enleva le peu d'enchantement qui restait à l'ancien président malgré sa popularité chez les militants de l'UMP.
Après son départ, Nicolas Sarkozy n'a jamais totalement quitté l'arène et n'a pas fait sa "traversée du désert", tant vantée par la droite bonapartiste et gaulliste, et donc, son retour fut attendu, et donc, logiquement, moins désiré.
Ceci dit, il ne faudrait pas mettre uniquement sur le compte de la personnalité de Nicolas Sarkozy ce retour rapide. Depuis la mise en place du quinquennat, la vie politique française c'est considérablement accélérer, forçant les partisans du "donner du temps au temps" à rétrécir leur calendrier pour rester dans la course. Cependant, le quinquennat n'est pas le seul responsable de cette accélération car les évolution de la communication et l'arrivé des chaines d'informations continues comme BFMTV ou LCI ont forcé les politiques de rester à cran et agir au moindre évènement, désormais, il est très compliqué pour un politique de voire clairement les informations qui passionnent le plus les Français et sont constamment sous la menace du tiercé perdant "sidération-bégaiement-bunkerisation" pour le moindre évènement non prévu dans leur agenda. La politique ne se fait plus sur le temps long mais par à coup et la vision du temps long est de plus en plus compliqué quand elle n'est tout simplement pas critiquée par les défenseur de l'immédiateté. La traversée du désert devient donc de plus en plus compliqué, certains diront peut-être ringard, pour le politicien qui souhaiterait faire un retour politique digne des grands hommes de notre Histoire.
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