Après les départementales, l’UMP et le FN se
déchirent pour savoir qui des deux est le premier parti de France. Le but de
cet article n’est de savoir qui a raison mais de profiter de ce débat pour
réfléchir sur ce que pourrait être le premier parti de France dans le paysage
politique actuelle.
Un parti politique est une organisation qui regroupe
des individus pour occuper un rôle dans les différentes institutions
républicaines (mairies, Sénat, parlement, gouvernement…).
La politique est un rapport de force fondé sur des
réseaux.
Le parti est donc un réseau d’individus qui a pour
but de peser dans la vie politique française pour défendre des intérêts, des
idées ou, dans certains cas, des communautés. Pour réussir dans son entreprise,
il doit donc devenir une force politique et la question qui doit être posée en
réalité est : Qu’est ce que pourrait être la première force politique de France
(le parti n’étant que la forme visible est organisée de cette force) ?
Une force politique est cette capacité de mobiliser
différentes ressources capables d’ébranler les intérêts d’un ou de plusieurs
autres groupes de réseaux. Elle se mesure donc sur l’étendu d’un réseau qui
peut-être de plusieurs sortes : sociologique, géographique,
culturelle ou idéologique. Ces différents réseaux (les quatre cités sont les
plus courants mais il y en a d’autres) peuvent se compléter et se regrouper.
Une force politique sociologique est une force basée
sur une ou des classes sociales ayant un rôle de première importance dans l’économie
et puise son influence sur sa capacité à assurer le bon fonctionnement de celle-ci.
Parmi les réseaux sociologiques puissants, il y a celui des patrons, des commerçants
et, fut un temps, celui des ouvriers avec la CGT et le PCF. Les crises économiques
déstabilisent, et donc affaiblissent, ces réseaux et les rendent moins
influents.
Une force politique géographique s’appuie sur la
capacité à mobiliser un territoire entier et d’unir ses habitants par delà leur
sociologie. Plus un territoire a une importance politique élevée pour des
raisons démographiques, économiques et avec un sentiment identitaire fort, plus
son poids est important et peut peser dans les décisions. Les bonnets rouges
bretons furent un exemple de force politique géographique.
Une force politique culturelle est une force qui se
fonde sur une communauté culturelle au-delà de ses différences sociologiques et
territoriales. Ce type de réseaux fonctionne surtout dans les pays anglo-saxons
et leur modèle communautaire mais en France, le PS a fait disparaitre le PCF de
certaines banlieues dites « rouges » en utilisant le vote des
immigrés naturalisés et enfants d’immigrés en leur faveur après les avoir
englobé dans une logique multi culturaliste et non dans une logique de lutte
des classes. Cette opération des socialistes a réussit car l’extrême gauche n’avait
pas formé ces nouvelles populations à leur doctrine marxiste comme elle l’avait
fait avec le prolétariat français.
Les réseaux idéologiques ne permettent pas à eux
seuls de constituer une force politique solide mais aident les autres forces
politiques a avoir une structuration idéologie cohérente. C’est le rôle des
Think tanks. Ils servent aussi à faire des passerelles entre les différents
réseaux (sociologiques et territoriaux) entre des individus partageant les
mêmes idées.
Tout ces réseaux fonctionnent quand le sentiment
identitaire de classe, géographique où culturel arrive à mobiliser les populations
concernés. Une force politique repose sur ces réseaux pour être entendu et
défendre au mieux ses intérêts.
La première force politique de France doit donc se
reposer ces quatre principaux réseaux et faire en sorte qu’ils soient les plus
larges possible et ne pas s’opposer entre eux. En essayant de visualiser la
première force politique française, on pourrait imaginer (on peut en imaginer d’autres)
une force politique fondée sur plusieurs
réseaux sociologiques comme celui des cadres, des professions libérales réglementés,
des travailleurs indépendants et des jeunes entrepreneurs, des réseaux
géographiques cohérents situés dans les grandes et moyennes villes, le sud de
la France (la côte méditerranéenne) et le grand ouest (la Bretagne et le
littoral atlantique). Ses réseaux culturels doivent être religieux et/ou
régionaux.
Pour ce qui est d’une force politique
révolutionnaire, il faut ajouter à tout ces réseaux celui d’une force politique
révolutionnaire, il faut ajouter à tout ces réseaux celui d’une élite car
toutes les révolutions eurent parmi ses partisans des membres d’élite capable
de gérer l’Etat après la révolution (Révolution française, bolchévique et
cubaine) et le soutien d’au moins la police ou de l’armée, voire des deux, pour
avoir la force des armes de son côté et surtout pas contre elle.
La première force politique en France est donc le
regroupement de réseaux qui est capable de bloquer les secteurs économiques et géographiques
clés du pays pour défendre ses intérêts.
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