mercredi 25 mars 2015

Le principe de premier parti de France : une affaire de réseaux





Après les départementales, l’UMP et le FN se déchirent pour savoir qui des deux est le premier parti de France. Le but de cet article n’est de savoir qui a raison mais de profiter de ce débat pour réfléchir sur ce que pourrait être le premier parti de France dans le paysage politique actuelle.

Un parti politique est une organisation qui regroupe des individus pour occuper un rôle dans les différentes institutions républicaines (mairies, Sénat, parlement, gouvernement…).
La politique est un rapport de force fondé sur des réseaux.
Le parti est donc un réseau d’individus qui a pour but de peser dans la vie politique française pour défendre des intérêts, des idées ou, dans certains cas, des communautés. Pour réussir dans son entreprise, il doit donc devenir une force politique et la question qui doit être posée en réalité est : Qu’est ce que pourrait être la première force politique de France (le parti n’étant que la forme visible est organisée de cette force) ?
Une force politique est cette capacité de mobiliser différentes ressources capables d’ébranler les intérêts d’un ou de plusieurs autres groupes de réseaux. Elle se mesure donc sur l’étendu d’un réseau qui peut-être de plusieurs sortes : sociologique, géographique, culturelle ou idéologique. Ces différents réseaux (les quatre cités sont les plus courants mais il y en a d’autres) peuvent se compléter  et se regrouper.

Une force politique sociologique est une force basée sur une ou des classes sociales ayant un rôle de première importance dans l’économie et puise son influence sur sa capacité à assurer le bon fonctionnement de celle-ci. Parmi les réseaux sociologiques puissants, il y a celui des patrons, des commerçants et, fut un temps, celui des ouvriers avec la CGT et le PCF. Les crises économiques déstabilisent, et donc affaiblissent, ces réseaux et les rendent moins influents.

Une force politique géographique s’appuie sur la capacité à mobiliser un territoire entier et d’unir ses habitants par delà leur sociologie. Plus un territoire a une importance politique élevée pour des raisons démographiques, économiques et avec un sentiment identitaire fort, plus son poids est important et peut peser dans les décisions. Les bonnets rouges bretons furent un exemple de force politique géographique.

Une force politique culturelle est une force qui se fonde sur une communauté culturelle au-delà de ses différences sociologiques et territoriales. Ce type de réseaux fonctionne surtout dans les pays anglo-saxons et leur modèle communautaire mais en France, le PS a fait disparaitre le PCF de certaines banlieues dites « rouges » en utilisant le vote des immigrés naturalisés et enfants d’immigrés en leur faveur après les avoir englobé dans une logique multi culturaliste et non dans une logique de lutte des classes. Cette opération des socialistes a réussit car l’extrême gauche n’avait pas formé ces nouvelles populations à leur doctrine marxiste comme elle l’avait fait avec le prolétariat français.

Les réseaux idéologiques ne permettent pas à eux seuls de constituer une force politique solide mais aident les autres forces politiques a avoir une structuration idéologie cohérente. C’est le rôle des Think tanks. Ils servent aussi à faire des passerelles entre les différents réseaux (sociologiques et territoriaux) entre des individus partageant les mêmes idées.

Tout ces réseaux fonctionnent quand le sentiment identitaire de classe, géographique où culturel arrive à mobiliser les populations concernés. Une force politique repose sur ces réseaux pour être entendu et défendre au mieux ses intérêts.

La première force politique de France doit donc se reposer ces quatre principaux réseaux et faire en sorte qu’ils soient les plus larges possible et ne pas s’opposer entre eux. En essayant de visualiser la première force politique française, on pourrait imaginer (on peut en imaginer d’autres) une force politique  fondée sur plusieurs réseaux sociologiques comme celui des cadres, des professions libérales réglementés, des travailleurs indépendants et des jeunes entrepreneurs, des réseaux géographiques cohérents situés dans les grandes et moyennes villes, le sud de la France (la côte méditerranéenne) et le grand ouest (la Bretagne et le littoral atlantique). Ses réseaux culturels doivent être religieux et/ou régionaux.

Pour ce qui est d’une force politique révolutionnaire, il faut ajouter à tout ces réseaux celui d’une force politique révolutionnaire, il faut ajouter à tout ces réseaux celui d’une élite car toutes les révolutions eurent parmi ses partisans des membres d’élite capable de gérer l’Etat après la révolution (Révolution française, bolchévique et cubaine) et le soutien d’au moins la police ou de l’armée, voire des deux, pour avoir la force des armes de son côté et surtout pas contre elle.

La première force politique en France est donc le regroupement de réseaux qui est capable de bloquer les secteurs économiques et géographiques clés du pays pour défendre ses intérêts.

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