jeudi 2 avril 2015

Alors il aura fallu marcher jours et nuits, traverser montagnes et océans, ne pas ménager sa peine, aller le plus loin possible, pour revenir au point de départ. Il avait tout simplement oublié que la terre était ronde.

Le principe d'avancer fait rêver les optimistes et effraie les pessimistes. Le fait de parler de progrès, d’accélération de l'Histoire, de saut en avant montre la simplicité profonde d'un certains nombre de personnes ayant oublié que l'Histoire n'est jamais finit et n'a pas de sens. Un certain nombre nous encourage à prendre un chemin qui n'existe pas encore et de laisser une trace dans la mémoire des hommes faisant fit de la force des traditions intellectuelles et de l'ancrage de nos modes de vie. L'idée des morts qui gouvernent les vivants peut être sympathique pour les partisans de la Terre et des Morts mais c'est tomber dans le piège de la répétition de l'Histoire. Les générations passent, ne se ressemblent pas mais font des erreurs comme les Anciens (mais pas forcément les mêmes). Le devoir de mémoire à outrance et la tentative de faire table rase du passé sont deux folies modernes qui nous empêchent de faire la part des choses pour les défis actuelles. Ces deux hérésies mémorielles nous entrainent dans des délire schizophrènes comme on a pu le voire sur le débat de la guerre en Syrie. Certains voulaient aller en guerre contre Bachar Al Assad en agitant le chiffon de Munich tout en faisant mine d'oublier la guerre en Irak, pourtant plus proche de nous, en 2003. Précisons que la Syrie est un pays difficile à envahir avec ses S300 russes.
Nous ne réfléchissons pas de manière froide mais agissons au coup par coup rapidement, donc mal. C'est le nouveau délire des personnes, tout faire à la dernière minute et s'en sortir, sans penser à se surpasser, en oubliant l'amour du travail bien fait. Le but n'est pas de le regretter, c'est devenu un fait qu'il faut changer. D'ailleurs il ne faut pas craindre l'avenir, il faut le préparer. Mais pour préparer l'avenir, il faut connaitre le présent dans sa complexité, voire ses points forts, ses faiblesses et élaborer une grille de lecture la plus complète possible. Mais pour cela il faut un travail ardue, prendre du temps, voire et revoir ce qui a été écrit, avoir le plus d'expériences possibles pour connaitre la réalité du terrain (et ne pas être uniquement un rat de laboratoire). Pour pouvoir faire tout ça il faut prendre les évènements de manière distancée et éviter la précipitation (sauf en cas d'instinct de survie). Pour pouvoir prendre de la distance avec les évènements il faut oublier les deux hérésies citées ci-dessus. Une fois tout cela appliqué, on peut alors avoir une vision un plus claire que la moyenne générale de la situation et pouvoir prévoir, de manière floue certes mais c'est toujours mieux que rien, les grandes tendances du futur.
Quelque part, on peut dire que ce travail illustre bien la phrase "Vivre avec son temps".


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