Michel Onfray
est de gauche, il l’a toujours dit, il continue de le dire et le montre par
tous les moyens possibles et imaginables. Mais, lors de l’émission « On
n’est pas couché », il s’est prit la tête avec Léa Salomé et Yann Moix,
deux incarnations de la gauche télévisuelle. Alors que ces trois personnes
auraient dut s’entendre sur l’essentiel, on aurait cru qu’un trou géant les
séparait. Michel Onfray parlait du peuple et de la trahison de la gauche
actuelle tandis que les deux animateurs lui parlaient du Front National. Michel
Onfray est accusé, depuis déjà quelques temps, de se rapprocher du parti de
Marine Le Pen car il tient des propos jugés « populistes ».
Que devons-nous
voire dans cette histoire ? Désormais, se dire de gauche ne permet plus de
se défendre face à la diabolisation, il faut-être de gauche version canal+.
Michel Onfray rejoint donc le camp des diabolisés qui va de John Enoch Powell à
Eric Zemmour en passant par Jean-Marie Le Pen et Georges marchais (fut un temps).
Cette étiquette de diable est à la fois un fardeau et une chance, un fardeau
dans le sens où il sera désormais accusé des maux de la société, alors qu’il
n’exerce pas le pouvoir, et une chance car il sera désormais totalement libre
de ne plus suivre les règles de société du milieu médiatique. La gauche est
donc en train de se séparer d’une partie d’elle-même, on a pu déjà put le voire
avec Jacques Sapir, car elle devient de plus en plus eurosceptique et remet en
cause l’euro, le nouveau vœu d’or de nos élites. Ce délit de blasphème est donc
punit comme il se doit. L’accusé est donc accusé de faire le jeu du FN, d’être
pétainiste, de rappeler les heures les plus sombres de notre Histoire, de
promouvoir le populisme… Michel Onfray l’a finalement compris à ses dépends.
Enfin, un des
principes de bases d’opposition à un système est de ne pas jouer le jeu de
celui-ci. La mise en place d’une contre-société solide et puissante est
primordiale pour peser et vaincre. Si tout les diabolisés de France se
réunissaient dans un groupe, cela pourrait constituer un turbo pour cette
contre-société. Alors comment mettre en place ce programme avec des gens aussi
différents ? La base de cette société de diables ne serait pas idéologique
mais pourrait reposer sur le principe de l’intelligence contre la décadence, de
la qualité contre la médiocrité. En réalité, la division n’est pas entre le
peuple et l’élite, celle-ci finit toujours par se reformer après une
révolution, mais entre la décadence et la renaissance. Ceux qui sont diabolisés
où ignorés sont ceux qui ont gardés une culture classique et des savoirs que
n’ont plus les animateurs actuels. Au final, Michel Onfray est passé par la
case obligé de la diabolisation pour pouvoir être qualifié comme « force
de nuisance » par ses anciens lecteurs. Aucune personne opposée à un
système ne doit s’attendre à être bien traité par lui. Eric Zemmour a souhaité
la bienvenue à Michel Onfray, il peut rejoindre le banquet.

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