mardi 22 septembre 2015

La diabolisation : tout le monde y a droit.


Michel Onfray est de gauche, il l’a toujours dit, il continue de le dire et le montre par tous les moyens possibles et imaginables. Mais, lors de l’émission « On n’est pas couché », il s’est prit la tête avec Léa Salomé et Yann Moix, deux incarnations de la gauche télévisuelle. Alors que ces trois personnes auraient dut s’entendre sur l’essentiel, on aurait cru qu’un trou géant les séparait. Michel Onfray parlait du peuple et de la trahison de la gauche actuelle tandis que les deux animateurs lui parlaient du Front National. Michel Onfray est accusé, depuis déjà quelques temps, de se rapprocher du parti de Marine Le Pen car il tient des propos jugés « populistes ».
Que devons-nous voire dans cette histoire ? Désormais, se dire de gauche ne permet plus de se défendre face à la diabolisation, il faut-être de gauche version canal+. Michel Onfray rejoint donc le camp des diabolisés qui va de John Enoch Powell à Eric Zemmour en passant par Jean-Marie Le Pen et Georges marchais (fut un temps). Cette étiquette de diable est à la fois un fardeau et une chance, un fardeau dans le sens où il sera désormais accusé des maux de la société, alors qu’il n’exerce pas le pouvoir, et une chance car il sera désormais totalement libre de ne plus suivre les règles de société du milieu médiatique. La gauche est donc en train de se séparer d’une partie d’elle-même, on a pu déjà put le voire avec Jacques Sapir, car elle devient de plus en plus eurosceptique et remet en cause l’euro, le nouveau vœu d’or de nos élites. Ce délit de blasphème est donc punit comme il se doit. L’accusé est donc accusé de faire le jeu du FN, d’être pétainiste, de rappeler les heures les plus sombres de notre Histoire, de promouvoir le populisme… Michel Onfray l’a finalement compris à ses dépends.
Enfin, un des principes de bases d’opposition à un système est de ne pas jouer le jeu de celui-ci. La mise en place d’une contre-société solide et puissante est primordiale pour peser et vaincre. Si tout les diabolisés de France se réunissaient dans un groupe, cela pourrait constituer un turbo pour cette contre-société. Alors comment mettre en place ce programme avec des gens aussi différents ? La base de cette société de diables ne serait pas idéologique mais pourrait reposer sur le principe de l’intelligence contre la décadence, de la qualité contre la médiocrité. En réalité, la division n’est pas entre le peuple et l’élite, celle-ci finit toujours par se reformer après une révolution, mais entre la décadence et la renaissance. Ceux qui sont diabolisés où ignorés sont ceux qui ont gardés une culture classique et des savoirs que n’ont plus les animateurs actuels. Au final, Michel Onfray est passé par la case obligé de la diabolisation pour pouvoir être qualifié comme « force de nuisance » par ses anciens lecteurs. Aucune personne opposée à un système ne doit s’attendre à être bien traité par lui. Eric Zemmour a souhaité la bienvenue à Michel Onfray, il peut rejoindre le banquet.

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