Lancement : Depuis ces derniers jours on ressent des secousses à gauche entre Emmanuel
Macron, Manuel Valls, Christophe Cambadelis et même Jean-Luc Mélenchon, à quoi
est du ces échanges à quelques semaines des élections régionales ?
Quand une
élection approche et qu’elle n’est pas de bon augure pour un camp, on a
tendance à régler ses vieux comptes en avance afin de se dédouaner de la
bérézina à venir, on se rappelle des régionales de 2010 et la situation de
l’UMP à l’époque. Emmanuel Macron semble concentrer les attaques des ténors du
PS contre lui malgré sa popularité au sein de l’opinion. Jean-Christophe
Cambadelis le qualifie de ministre de l’ouverture, faisant remonter le souvenir
douloureux, enfoui chez les militants socialistes, de l’ouverture de Nicolas
Sarkozy qui avait récupéré Fadela Amara, Frédéric Mitterrand et Eric Besson. Le
premier ministre prend aussi ses distances par rapports aux propos chocs sur
les élus de son ministre de l’économie sans pour autant le couler. Du côté du
Front de gauche, le souhait de voire une gauche alternative à celle du PS n’a
pas disparu.
Lancement :
D’accord mais qu’est ce que cela veut dire sur la structure actuelle de la
gauche ?
Chaque position
présente une gauche particulière disposant sa propre stratégie dans les années
à venir. Emmanuel Macron renoue avec le libéralisme, originaire de la gauche à
la fin du XVIIIème siècle avec la philosophie des Lumières pour former un
centre-gauche libéral et européiste proche du MODEM et de l’UDI. Manuel Valls
souhaite installer définitivement une gauche moderne qu’il a qualifié de
social-réformiste à la fête de la rose de Bourg-de-Péage dimanche dernier face
à une gauche, jugé par ce dernier, conservatrice. Jean-Christophe Cambadelis et
les frondeurs veulent retrouver la gauche défendu par François Hollande lors de
son discours du Bourget. Jean-Luc Mélenchon souhaite toujours fondé une gauche
anti-austérité comme podemos en Espagne. On peut donc imaginer l’apparition de
quatre gauches avec des idéologies et des visions d’avenir différentes les unes
des autres. Ceci dit tous on pour soucis commun de faire bloc contre la
création de ce qu’ils appellent, un tea party à la française allant de la droite
des républicains au FN en passant par Eric Zemmour, La Manif Pour Tous et la
revue Limite.
Lancement :
Et à quelle gauche se situe François Hollande ?
He bien, bonne
question. François Hollande a eut la capacité de rassembler pendant un temps
une bonne partie de ces gauches mais les difficultés rencontrées ont finit par
affaiblir cette alliance. François Hollande n’appartient pas vraiment à une de
ces gauches, il est resté le fédérateur du PS capable de réunir la gauche du
« non » et la gauche du « oui » au référendum de 2005 sur
le traité européen. Reste à savoir s’il compte refaire la même chose pour 2017.
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