mercredi 30 septembre 2015

La gauche entre libéralisme, social-réformisme et l’autre alternative



Lancement : Depuis ces derniers jours on ressent des secousses à gauche entre Emmanuel Macron, Manuel Valls, Christophe Cambadelis et même Jean-Luc Mélenchon, à quoi est du ces échanges à quelques semaines des élections régionales ?

Quand une élection approche et qu’elle n’est pas de bon augure pour un camp, on a tendance à régler ses vieux comptes en avance afin de se dédouaner de la bérézina à venir, on se rappelle des régionales de 2010 et la situation de l’UMP à l’époque. Emmanuel Macron semble concentrer les attaques des ténors du PS contre lui malgré sa popularité au sein de l’opinion. Jean-Christophe Cambadelis le qualifie de ministre de l’ouverture, faisant remonter le souvenir douloureux, enfoui chez les militants socialistes, de l’ouverture de Nicolas Sarkozy qui avait récupéré Fadela Amara, Frédéric Mitterrand et Eric Besson. Le premier ministre prend aussi ses distances par rapports aux propos chocs sur les élus de son ministre de l’économie sans pour autant le couler. Du côté du Front de gauche, le souhait de voire une gauche alternative à celle du PS n’a pas disparu.

Lancement : D’accord mais qu’est ce que cela veut dire sur la structure actuelle de la gauche ?

Chaque position présente une gauche particulière disposant sa propre stratégie dans les années à venir. Emmanuel Macron renoue avec le libéralisme, originaire de la gauche à la fin du XVIIIème siècle avec la philosophie des Lumières pour former un centre-gauche libéral et européiste proche du MODEM et de l’UDI. Manuel Valls souhaite installer définitivement une gauche moderne qu’il a qualifié de social-réformiste à la fête de la rose de Bourg-de-Péage dimanche dernier face à une gauche, jugé par ce dernier, conservatrice. Jean-Christophe Cambadelis et les frondeurs veulent retrouver la gauche défendu par François Hollande lors de son discours du Bourget. Jean-Luc Mélenchon souhaite toujours fondé une gauche anti-austérité comme podemos en Espagne. On peut donc imaginer l’apparition de quatre gauches avec des idéologies et des visions d’avenir différentes les unes des autres. Ceci dit tous on pour soucis commun de faire bloc contre la création de ce qu’ils appellent, un tea party à la française allant de la droite des républicains au FN en passant par Eric Zemmour, La Manif Pour Tous et la revue Limite.

Lancement : Et à quelle gauche se situe François Hollande ?

He bien, bonne question. François Hollande a eut la capacité de rassembler pendant un temps une bonne partie de ces gauches mais les difficultés rencontrées ont finit par affaiblir cette alliance. François Hollande n’appartient pas vraiment à une de ces gauches, il est resté le fédérateur du PS capable de réunir la gauche du « non » et la gauche du « oui » au référendum de 2005 sur le traité européen. Reste à savoir s’il compte refaire la même chose pour 2017.

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